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Une Anglaise se bat pour porter l'enfant de sa fille décédée

Publié le 07/07/2016

C'est une histoire qui semble tirée d'un scénario de science-fiction. Une Britannique de 60 ans, désirant disposer des ovocytes congelés de sa fille décédée afin de réaliser une fécondation in vitro et donner naissance à un enfant, a gagné une première bataille juridique le 30 juin. Alors que la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA), l'équivalent britannique de l'Agence française de la biomédecine, avait refusé cette demande en 2014, la cour d'appel britannique a annulé cette décision le 30 juin dernier.

Atteinte d'un cancer du côlon, la jeune femme de 28 ans avait, avant son traitement, pris la précaution de congeler trois ovocytes, dans l'éventualité d'une future grossesse réalisée par fécondation in vitro. Mais en janvier 2010, apprenant que son cancer est incurable, elle demande à sa mère, alors âgée de 54 ans, de porter et d'élever son enfant, rapporte le quotidien britannique The Telegraph.

Dès la mort de la malade en 2011, les parents ont souhaité exaucer la dernière volonté de leur fille: concevoir un enfant -leur petit-fils ou petite-fille- par fécondation in vitro, en faisant appel à un donneur de sperme, qui serait porté par la future grand-mère. Ils se tournent vers la clinique londonienne où les ovocytes de leur fille sont encore actuellement stockés. Après s'être heurtés au refus de l'établissement, ils prennent contact avec une clinique new-yorkaise qui accepte leur demande. Mais c'est sans compter la décision de la Human Fertilisation and Embryoloy Authority (HFEA) qui, en septembre 2014, refuse de laisser les ovocytes quitter Londres pour les États-Unis, arguant que les preuves concernant les dernières volontés de la jeune femme manquent.

Bataille juridique et éthique

«Bien qu'elle ait consenti au stockage et à l'utilisation de ses ovocytes, même après sa mort, elle n'a laissé aucune trace écrite spécifiant leur mode d'utilisation ou leur éventuelle fécondation par le sperme d'un donneur, explique la HFEA. La loi nous oblige à examiner s'il y a suffisamment de preuves d'un consentement éclairé. Après avoir examiné avec attention la question, nous avons décidé qu'elles étaient insuffisantes». Une décision appuyée par la Haute Cour de justice en septembre 2015.

En désespoir de cause, les parents de la défunte ont fait appel de cette décision. Rebondissement inattendu: le jugement, rendu le 30 juin, leur donne raison. Les trois juges de la cour d'appel ont ainsi indiqué que la HFEA avait commis une erreur dans l'appréciation des preuves. Pour cette raison, ils ont demandé à l'agence de reconsidérer la demande, ce qu'elle a déclaré faire sous peu.

Cette affaire n'est pas sans rappeler celle d'une jeune femme espagnole qui, en mai dernier, a obtenu l'autorisation du transfert du sperme de son mari défunt de la France vers l'Espagne. Cette décision exceptionnelle du Conseil d'Etat français devrait permettre à la jeune femme de réaliser dans son pays natal une insémination artificielle post-mortem, une pratique interdite en France.

Par Cécile Thibert - le 07/07/2016 sur LeFigaro Santé