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Le retour confirmé de la vache folle en France

Publié le 24/03/2016

Le ministère de l’agriculture a annoncé, jeudi 24 mars, que le cas potentiel de « vache folle » détecté dans les Ardennes avait été confirmé. Le prélèvement sur l’animal décédé avait été envoyé en Grande-Bretagne, au laboratoire européen de référence (LRUE) pour l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Sans attendre le délai, fixé entre 8 et 10 jours, il a donné son verdict.

Il s'agit du "troisième cas isolé d'ESB de ce type détecté en Europe depuis 2015" et celui-ci a été "notifié ce jour à la Commission européenne et à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE)". Le ministère affirme que "la détection de ce cas n'a aucune conséquence pour le consommateur". Le mode de contamination n'est sans doute pas le même que lors de l'épidémie de la fin des années 90 puisque les farines animales, alors en cause, ont été depuis interdites pour l'alimentation du bétail.

Qu'est-ce que l'ESB ou maladie de la vache folle ?

Cette maladie est une infection dégénérative du système nerveux central des bovins. C'est une maladie mortelle, analogue à la tremblante des ovins et des caprins, causée par un prion. Une épizootie importante a touché le Royaume-Uni, et dans une moindre mesure quelques autres pays, entre 1986 et les années 2000, infectant plus de 190 000 animaux, sans compter ceux qui n'auraient pas été diagnostiqués.

Cette épidémie trouverait son origine dans l'utilisation pour l'alimentation des bovins de farines animales, obtenues à partir de parties non consommées des carcasses bovines et de cadavres d'animaux. L'épidémie a pris une tournure particulière quand les scientifiques se sont aperçus en 1996 de la possibilité de transmission de la maladie à l'homme par le biais de la consommation de produits carnés.

La maladie a fait, à ce jour , 204 victimes humaines, touchées par des symptômes proches de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une maladie de même nature que l'ESB.

L’ESB affecte le cerveau et la moelle épinière des bovins. Elle provoque des lésions cérébrales qui se caractérisent par des altérations à allure spongieuse visibles au microscope optique, correspondant à des neurones qui se sont vacuolisés. Il y a une perte de neurones plus ou moins importante, et une multiplication des astrocytes, ainsi que des cellules de la microglie (des cellules du cerveau à fonction immunitaire). Les agents pathogènes s'amassent pour former des plaques amyloïdes caractéristiques, quoique moins présentes que pour d'autres encéphalopathies spongiformes transmissibles. Les symptômes présentés par l'animal en phase terminale de la maladie sont : perte d'équilibre, troubles du comportement (nervosité, agressivité), hyperexcitabilité, anomalies de locomotion (démarche vacillante).

Transmission humaine

Il existe une forme d'encéphalopathie subaiguë spongiforme transmissible spécifique à l'homme, connue sous le nom de maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) qui est une dégénérescence du système nerveux central caractérisée par l'accumulation d'un prion. La période d'incubation se compte en années, voire en décennies avant qu'apparaissent des troubles de l'équilibre et de la sensibilité, puis une démence. L'issue est systématiquement fatale à échéance d'approximativement un an.

Ce lien a été démontré en laboratoire en comparant les plaques amyloïdes présentes dans le cerveau de singes auxquels on avait inoculé la maladie et celles des jeunes gens morts de la maladie, qui se sont révélées strictement identiques. La forme humaine de l'ESB ressemble sous ses grands traits à la maladie de Creutzfeldt-Jakob, mais s'en distingue par quelques différences cliniques et anatomiques. Ainsi, elle affecte des patients plus jeunes (âge moyen de 29 ans, contre 65 ans pour la maladie classique) et a une évolution relativement plus longue (médiane de 14 mois au lieu de 4,5 mois). Cette maladie a plusieurs causes : la plupart des cas sont dits sporadiques, car l'origine est inconnue. Il existe également une transmission héréditaire (10 % des cas) et des contaminations iatrogéniques (c'est-à-dire dues à un processus opératoire) liées à l'utilisation d'hormones (comme dans l'affaire de l'hormone de croissance en France) ou de greffes de tissus cérébraux (dure mère) issus de cadavres de malades, ou encore, par l'utilisation d'instruments de chirurgie mal décontaminés (électrodes). La maladie peut être transmise à l'homme s'il consomme des tissus à risques, issus d'animaux contaminés.

Des conséquences économiques immédiates

C’est le premier cas d’ESB de ce type détecté en France depuis 2011. Il concernait alors une vache née en 2004. L’Hexagone avait retrouvé en mai 2015 son statut de pays « à risque négligeable » pour l’ESB, octroyé par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Une décision qui avait permis la réouverture de certains marchés pour l’exportation de bovins français, comme Singapour, le Vietnam, l’Afrique du Sud, le Canada ou l’Arabie Saoudite. Après la confirmation du cas dans les Ardennes, la France devrait repasser dans la catégorie « pays à risque maîtrisé ». La France pourrait donc voir ses exportations diminuer.

L'éleveur a été obligé d'abattre tous son troupeau.